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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Sueurs nocturnes

Cet obscur objet du délire

K. fut réveillé au milieu de la nuit par un bruit étrange. À cause de la chaleur il dormait toujours dans hamac suspendu entre deux poutres de sa véranda. Un objet froid et étrange, posé sur sa poitrine nue, émettait en continu un sifflement à glacer le sang. Dans une obscurité atténuée seulement par quelques lueurs d’étoiles, les contours de l’objet sifflant étaient vaguement définis. Il n’osa ni toucher ni même effleurer cet effroyable objet. Il pensa tout de suite qu’il ne pouvait s’agir que d’un serpent. Certes il vivait au milieu d’une nature sauvage à couper le souffle, mais comment ce serpent aurait-il pu se glisser dans un hamac suspendu entre ciel et terre ? Y a-t-il dans la nature des serpents volants ? K. savait que la meilleure attitude à adopter face à un serpent est de rester immobile. C’est pourquoi il fit des efforts surhumains pour respirer sans mouvoir la poitrine ni le ventre. Mais son cœur qui battait la chamade risquait d’énerver le serpent qui n’arrêtait pas de siffler. L’objet étrange restait tout le temps immobile. Les serpents ronflent-ils pendant leur sommeil ? Il n’avait aucune réponse à cette question. Tout ce qu’il lui restait à faire fut d’attendre stoïquement la levée du jour. Il avait l’impression que le temps s’était arrêté après son brusque réveil. Le sifflement continu était le seul indice que la flèche du temps continuait son voyage vers l’infini.

Plus le ciel s’éclaircissait plus son angoisse augmentait. Il avait peur de se retrouver face à face avec le serpent. Il a lu quelque part qu’il ne faut jamais regarder un animal sauvage dans les yeux. Le serpent attendait-il aussi la levée du jour pour attaquer sa proie ? Il essaya de se calmer les nerfs en se rappelant ses connaissances de base sur les serpents: les êtres humains ne sont pas les proies préférés des serpents et l’Homo sapiens, même petit, est difficile à avaler et à digérer. En outre, les serpents n’attaquent que lorsqu’ils se sentent menacés. Il devait éviter toute attitude agressive et laisser à la bête le temps de battre en retraite. Il fut tellement distrait par ses pensées qu’il ne remarqua pas que l’objet posé sur sa poitrine était devenu visible grâce aux timides lueurs de l’aube. C’était une petite radio, faite de plastique et de métal, qu’il avait oublié d’éteindre avant de plonger dans le sommeil…

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