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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Anatomie de la psychonomie

Bien que docteur en économie, Nikos Okonopoulos ne se définit pas comme économiste. Il lui préfère un titre plutôt étrange: “pyschonomiste”. En effet, depuis des années, Okonopoulos étudie les liens entre l’économie et la psychologie. Ses recherches lui ont permis de découvrir que derrière les merveilleuses courbes et autres graphiques, dessinées par les doctes de l’économie, se cache un monde fait de pulsions et d’émotions. Par ses recherches et ses écrits, il tente de démolir tout l’édifice théorique sur lequel est basée la « science économique ». Pour lui, la science économique n’existe pas. Certes il y a des méthodes rationnelles pour calculer les coûts et les optimiser, mais cette science ne relève pas de l’économie mais de la gestion des ressources ou de la recherche opérationnelle. J’ai eu l’immense plaisir de rencontrer et de parler avec le "psychonomiste" Okonopoulous :

O. K. : Monsieur Okonopoulos, votre projet de détruire la « science économique » ne relève-t-il pas de la mégalomanie ?

Nikos Oknopoulos : Peut-être suis-je prétentieux, mais je pense qu’ « il y a quelque chose de pourri dans la science de Smith et Keynes ». Depuis mon long séjour à l’université pour étudier cette pseudoscience, j’ai commencé à nourrir des doutes sur ses fondements théoriques. Je peux comparer la « science économique » telle qu’elle est enseignée dans les universités à une médecine qui est brillante en théorie mais qui, dès qu’elle devient pratique, n’arrive pas à guérir les patients ou même à les soulager.

O.K. : Vous êtes l’inventeur du terme barbare « psychonomie ». Pourriez-vous nous l’expliquer ?

N. O. : Durant mes recherches postdoctorales, j’ai découvert des liens très intimes entre la psychologie et la « science économique ». Je ne suis pas le premier à l’avoir découvert. Les marginalistes, au contraire de Smith et Marx, liaient la valeur d’une marchandise au degré de satisfaction décroissant du client. Par exemple, plus vous consommez de chocolat, plus votre degré de satisfaction diminue jusqu’à ce qu’il se transforme en «dissatisfaction» (dégoût). Moi, j’ai abordé le problème de valeur sous un autre angle. J’ai essayé d’aller plus loin : de voir jusqu’à quel degré la valeur d’une marchandise, exprimée en termes monétaires, est une illusion fabriquée par le vendeur de cette marchandise.

O. K. : Vous avez des exemples ?

N. O. : Oui, bien sûr. Mon équipe de chercheurs a monté et ensuite vendu à un groupe de "cobayes" une voiture « hybride » qui avait l’apparence d’une Mercedes, mais qui au fond était une voiture japonaise moins onéreuse. Seule son apparence était «mercedesque». 100% des cobayes ont avalé la couleuvre et exprimé leur totale satisfaction à la conduite du véhicule alors qu’en fait ils conduisaient une fausse Mercedes ! Nous avons aussi mélangé, dans un magasin de vêtements, de faux t-shirts Lacoste avec de vrais et le résultat était le même : les clients ont exprimé leur entière satisfaction !

O.K. : Vous avez fait des recherches même dans des brasseries allemandes ?

N. O. : Oui, nous avons retranché 10 cl de chaque litre de bière servie au clients d’une brasserie de Munich. Le résultat : 90 cl de bière a apporté la même satisfaction qu’un litre du même produit !

O. K. : Mais vous ne pouvez pas étendre vos conclusions à des marchés plus complexes, tels que les marchés financiers ?

N. O. : Rien n’est plus psychologique qu’une Bourse ! D’ailleurs les termes utilisés pour décrire les situations ou les réactions des marchés financiers s’apparentent plus à la psychologie qu’à l’économie : «les marchés sont nerveux», « les marchés paniquent», «la BCE essaie de clamer les marchés», «les marchés peinent à s’apaiser», «les marchés se sont effondrés» etc.

O. K : Mais quand même il y a du concret là-dedans. Des pertes qui se chiffrent par centaines de milliards de dollars !

N. O. : Tout ça c’est de l’air. Ces milliards ne sont que des écritures comptables. Lorsqu’un tsunami frappe Fukushima, on voit immédiatement les dégâts. Mais lorsqu’une Bourse s’effondre, c’est un château de cartes qui s’écroule. Des cartes qui n’ont aucune existence matérielle. On veut faire croire au public qu’il y a une catastrophe qui s’annonce. Les spéculateurs sont des joueurs de casino qui ne créent aucune richesse réelle. Mais le plus frustrant c’est que ce sont toujours les spectateurs qui sont obligés de payer la note, pas les joueurs.

O.K. : L’argent est aussi une illusion de l’esprit ?

N. O. : Oui, mais c’est une illusion utile jusqu’à un certain degré. C’est une illusion qui nous évite les inconvénients du réel : le troc. Mais, dépassée une certaine somme, l’illusion devient flagrante. Mathématiquement, un homme qui possède 50 milliards d’euros est plus riche qu’un homme qui a 5 milliards d’euros. Mais dans la vie de tous les jours, le plus riche et le « pauvre » ont le même niveau de vie. La conclusion que nous avons tirée de nos recherches est que l’humanité est en train de se livrer une bataille inutile pour le superflu. L’économie mondiale, dans son état actuel, est capable de donner à manger, de loger, de soigner et d’éduquer, et même de de divertir, les 7 milliards d’humains qui peuplent la terre.

O. K. : Qu’est-ce qui empêche l’humanité de réaliser ces buts ?

N. O. : Le pire mal des tous les maux : la cupidité. C’est encore la psychologie qui parle…

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