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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

La vecchia rampante

La vieille perchée (1)

Cette histoire s’est passée, il y a quelques années, en Italie. Un dimanche après-midi, un séisme frappe l’Umbria, une région au nord du pays. Heureusement, la plupart des habitants réussissent à fuir avant l’effondrement de dizaines de maisons et d’édifices. Dès que la terre s’est calmée, les pompiers ont commencé leur travail de déblayage et de sauvetage. Perugia, la capitale de la région, est sévèrement touchée mais la majorité des édifices ont résisté aux secousses répétées. Alors que la chaos s’installe dans la ville, la police fait son travail pour éviter les débordements de foule et les pillages.

Un spectacle insolite attire l’attention d’une patrouille de police: un balcon, attaché à une colonne en béton, paraît comme suspendu dans le vide ! C’est tout ce qui reste d’un immeuble qui s’est Effondré quelques minutes après le tremblement de terre. Alertés par des cris de détresse, les policiers descendent de leur voiture. Sur le balcon, suspendu entre ciel et terre, une vieille agite un foulard rouge et crie: "aiuto ! aiuto !" (au secours !). Les pompiers ne tardent pas à venir à son secours. Un pompier escalade une échelle et tente d’extraire la vieille femme du balcon mais au moment il veut la prendre dans ses bras, elle panique et refuse de quitter son fauteuil. Les pompiers décident alors de patienter. Ils se contentent de lui fournir de l’eau, de la nourriture et … un pot de chambre.

Le maire de la ville a suggéré d’utiliser un hélicoptère pour extraire la vieille de son balcon perché mais les ingénieurs en bâtiment lui ont fortement déconseillé le recours à cette méthode de secours: les vibrations de l’hélicoptère risquent de faire chuter le balcon, fragilement attaché à une seule colonne de béton. Que faire ?

Les autorités ont finalement opté pour le statu quo, surtout que la vieille dame s’est habituée à sa "vie dans l’espace". Des journalistes, perchés sur une longue échelle de pompiers, commencent à interviewer la "vieille perchée". Confortablement installée dans son fauteuil non-roulant, elle leur dit qu’elle ne regrette pas son choix et qu’elle avait décidé de vivre ainsi jusqu’au dernier jour de sa vie. Grâce à cette "vie suspendue" qui ne tient qu’à une fragile colonne de béton, elle s’est transformée en philosophe. Elle a déclaré à une chaîne de télé: "Ma situation précaire est une parabole de la vie humaine, qui ne tient qu’à un cheveu. Lorsque je pense que mon balcon peut tomber à chaque instant, ma vie acquiert une qualité rare et précieuse. Je n’ai jamais été aussi amoureuse de la vie ! "

1) Hommage à Italo Calvino, auteur du roman Il barone rampante (Le baron perché)

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