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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

LE PASSÉ N’EXISTE PAS

"Une grande partie de mon être était tordue, enfouie, enroulée sur elle-même, comme un écheveau de laine emmêlé dont on a perdu le bout. La grande confusion avait commencé avant ma naissance. Elle alla empirant." (Mary Barnes; Un voyage à travers la folie)

 

On naît tous fous, quelques uns le demeurent” (Beckett)

 

La psy Glika Glicksmann était peu connue de la communauté scientifique avant la publication de son livre Le passé n’existe pas ! Sa carrière est aussi labyrinthique que le pavé de 666 pages qu’elle vient de publier aux Éditions Locura Pura. Elle a commencé sa vie professionnelle comme psychanalyste. Après sept ans de pratique, elle ferme son cabinet et s’inscrit à une faculté de médecine à Paris. Son doctorat en poche, elle s’envole pour les États-Unis pour suivre de près les recherches du docteur Antonio Damasio à l’université d’Iwoa. Elle achève son séjour américain à New York pour rencontrer et discuter avec le célèbre docteur Oliver Sacks.

Après ses études et recherches en neurosciences, elle fait un petit détour par la psychiatrie et s’installe pendant quelques mois à Londres, la Mecque de l’anti-psychiatrie. Enfin, elle ouvre un cabinet médical à Lausanne, sa ville natale, pour tenter une nouvelle forme de psycho-thérapie: l’oblitération mémorielle. Dr. Glicksmann a gentiment accepté de répondre à mes questions :

 

O. K. : Si j’ai bien compris votre livre, le passé n’existe pas ?

G. G. : Non, il n’existe pas. Il est une construction mémorielle. Il n’y a pratiquement aucune différence entre mémoire et imagination.

O. K. : Pourquoi avez-vous abandonné la psychanalyse ?

G. G. : Tout simplement parce qu’elle ne guérit pas les troubles psychiques.

O. K. : Freud n’a rien apporté à la science médicale ?

G. G. : Il a eu des intuitions géniales mais il était surtout un artiste. Sa prose est l’une des plus  "savoureuses" de la langue allemande. En abandonnant la médecine pour la psychanalyse, Freud s’est converti en magicien du verbe. Mais sa "science" était aussi le symptôme d’un malaise, celui de la société viennoise au début du siècle.

O. K. : Pourquoi la psychanalyse ne marche pas, d’après vous ?

G. G. : Parce que la majorité des patients passent leur temps à ruminer leurs souvenirs d’enfance et d’adolescence et n’avancent pas, exactement comme un disque qui tourne en rond.

O. K. : Que proposez-vous comme alternative ?

G. G. : La seule alternative pour certains traumatismes est l’oblitération mémorielle.

O. K. : En quoi ça consiste ?

G. G. : Après avoir obtenu le consentement explicite du patient, je l’hypnotise et je lui suggère que le souvenir dont il parle n’existe réellement pas. En quelque sorte, je libère les patients des mauvais souvenirs qui les empêchent d’avancer dans la vie.

O. K. : Mais c’est de la manipulation ! Les mauvais souvenirs font partie de notre biographie, non ?

G. G. : Je ne fais rien sans le consentement du patient. Je vous donne un exemple : une patiente était obsédée par le suicide de son père. Grâce à l’oblitération mémorielle, le père est maintenant mort de vieillesse. Dorénavant la patiente n’a plus aucune excuse pour ne pas affronter les défis de la vie quotidienne.

O. K. : Quelle est votre réaction aux déclarations de certains de vos collègues qui vous qualifient de "gourou" ?

G. G. : Ils se trompent de vocabulaire. Je suis plutôt une "chamane".

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