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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Qui a écrit ce livre ?

"My only regret in life is that I am not someone else." (Woody Allen) - Je n’ai qu’un seul regret dans la vie : ne pas être quelqu’un d’autre -

Le livre que je viens de lire est inclassable. Comme son auteur, d’ailleurs. Ce dernier est décrit par ses patients comme un médecin excentrique ou même "borderline". Le titre du livre en dit long sur la personnalité de son auteur : Qui a écrit ce livre ? Ni plus ni moins !

Le docteur Hatem Boujebba n’a jamais rien publié auparavant. Il s’est contenté jusqu’ici d’écouter ses patients et de prononcer des communications scientifiques pendant les séminaires et les colloques scientifiques. Dès les premières pages, l’auteur pose la question-clé de son ouvrage: Qui a écrit ce livre ? Il prétend que tout être humain, y inclus Hatem Boujebba, est une… création de l’esprit !

Commençons par le commencement: un ovule contenant des milliards d’informations est fécondé par un spermatozoïde, lui aussi porteur de milliards d’informations. Si tout se passe bien, l’ovule fécondé se transforme en bébé. C’est quoi un bébé ? C’est un organisme vivant porteur d’un patrimoine génétique qu’on plonge dans une langue, une culture et un milieu socio-économico-géographique qui façonneront peu à peu ce qu’on appelle la personnalité.

Bref, qui parle lorsque Hatem Boujebba parle ? "Personne", répond l’auteur ! Hatem n’est qu’un label qu’on pose sur un produit génético-socio-culturel. Il écrit: "Je n’ai rien fait pour devenir ce que je suis. D’ailleurs, ce "je" est une construction intellectuelle, une illusion. Lorsque je dis : " je suis ", il faut toujours traduire par " nous sommes ". Le " nous " c’est les milliers de milliards d’êtres vivants qui se sont reproduits depuis l’éclosion de la vie sur terre, plus les centaines de générations d’homo sapiens qui nous ont transmis une seconde nature: la culture. "

Le deuxième chapitre du livre traite d’une question qui intéresse à la fois les philosophes et les chercheurs en neurosciences: C’est quoi la conscience ? Le docteur Boujebba paraît fasciné par une théorie avancée il y a trente ans par Douglas Hofstadter dans son livre Gödel, Escher, Bach : la conscience est… une colonie de fourmis ! Comme les fourmis, les neurones, pris individuellement, ne sont porteurs d’aucune information. Une fourmi ne parle pas mais une fourmilière est porteuse d’un message compréhensible par les entomologistes. La conscience c’est donc ce " je-ne-sais-quoi " qui naît du travail d’équipe de milliards de neurones. "La conscience n’a rien de magique", écrit le psychiatre, "sans support matériel (neurones+énergie) la conscience n’a aucune chance d’émerger." Mais alors pourquoi Deep Blue, l’ordinateur d’IBM qui a battu Kasparov aux échecs en 1997, n’a pas développé de conscience malgré ses performances surhumaines ?

Ici l’auteur admet que la science a des limites. "Notre bon sens nous dit qu’un robot aussi androïde qu’il soit ne pourra jamais tomber amoureux, s’émouvoir devant un lever de soleil, pleurer en écoutant le requiem de Mozart ou admirer un tableau de Munch."

Le troisième chapitre aborde la question de la relation entre l’art et le cerveau. L’auteur pense que l’art sert à entretenir l’hémisphère droit du cerveau. L’art jouerait un rôle aussi vital que la nourriture ou la sexualité. Depuis des siècles, les médecins connaissent les vertus thérapeutiques de la musique. Le célèbre médecin Al-Razi pratiquait la musicothérapie. Les psychanalystes croient que le secret de la musique c’est qu’elle parle directement à l’Inconscient. Pour les chercheurs en neurosciences, la réception et l’interprétation de la musique se passe dans l’hémisphère droit de notre cerveau.

Les autres chapitres du livre traitent de questions aussi diverses que: La recherche du sens. La conscience de la mort et la naissance du premier philosophe. Il était une fois la foi. Univers ou multivers ?

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