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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Un maître à penser nommé Andrew

Le renoncement comme philosophie de la vie

J’ai découvert Andrew en débarquant à Montréal, il y a dix ans. Ce qui m’a frappé le plus fut sa laideur. Il est tellement laid qu’une fois, il y a à peu près huit ans, sa photo a illustré la première page de l’hebdo montréalais Hour. Andrew est un homme qui ne chôme pas. Son quartier général se trouve dans le petit jardin près de la station Atwater. Conscient de l’importance du travail d’équipe, Andrew exerce ses activités avec une équipe de collaborateurs fidèles, dont sa propre fille. Leur travail consiste à lever le coude du matin au soir. Andrew a une méthode de travail très simple : il demande de l’argent aux passants, et dès qu’il a le prix d’une bouteille d’un litre de bière forte, il se dirige vers le magasin le plus proche pour assouvir sa soif inextinguible. Lorsque son foie se fatigue, il fait une longue sieste, puis reprend ses activités routinières jusqu’à une heure tardive de la nuit.

Une fois, Andrew était en train de mendier avec l’un de ses bras droits, à deux pas du guichet de la station Atwater. C’était l’époque où le quotidien The Gazette faisait une campagne publicitaire auprès des lecteurs francophones et collait des affiches partout à Montréal. L’une de ces affiches montrait une belle Afro-Canadienne en train de lire sa Gazette. Au moment où je passais devant les deux travailleurs autonomes, Andrew et son collègue, ce dernier s’est tourné vers Andrew et lui a dit, en lui montrant la photo de la belle femme: "Hey Andrew ! Look at the beautiful lady just above your head! ". Andrew a commencé à soulever lentement la tête en direction de la photo. Soudain, sa tête s’est arrêtée à mi-chemin, puis a repris sa position méditative initiale. Deux larmes chaudes se sont instantanément échappées de mes yeux. J’ai reçu d’Andrew une leçon inoubliable qui porte le titre "Le renoncement comme philosophie de la vie".

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