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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Connexion brisée

Connexion brisée

Myriam vit à Zurich, en Suisse. Federico vit à Toronto, Canada. Ils ne se sont physiquement jamais rencontrés. Mais ils formaient un couple inséparable depuis plus de quatre ans. Inséparable surtout grâce à une excellente connexion internet et une webcam. Ils se voyaient tous les jours et leurs conversations duraient, parfois, jusqu’à une heure tardive de la nuit. Ils se connaissaient intimement et n’avaient aucun secret l’un pour l’autre. Ils n’ont jamais planifié une rencontre réelle, car il étaient virtuellement heureux. Heureux jusqu’au jour de la rupture, survenue il y a à peu près deux mois. C’est Federico qui a rompu la "relation" suite à une dispute à propos d’un objet futile: la couleur des sous-vêtements de l’amant virtuel de Myriam.

La rupture brutale avec Federico a plongé Myriam dans une grave dépression nerveuse. Rétablie après deux semaines de repos, elle porte plainte et demande des dommages-intérêts à un juge zurichois. Le juge Dieter Herzog demande des preuves. Myriam les apporte au tribunal: des milliers de courriels, des enregistrements de leurs conversations sur MSN, Yahoo Messenger et Skype, en plus de dizaines de photos très intimes du "coupable". Le juge organise alors un procès virtuel. Federico répond aux questions du juge via vidéo-conférence. Il reconnaît les faits mais son avocat évoque le silence des lois canadiennes et suisses en la matière. Le juge suisse a demandé l’avis d’un expert en cyberculture. Ce dernier a déclaré sous serment qu’il n’y a pratiquement aucune différence entre une relation amoureuse réelle et virtuelle. Selon lui, les sentiments humains sont les mêmes même si les deux "amants" sont séparés par des milliers de kilomètres. Le juge a suspendu la séance pour réfléchir. Il réfléchit encore…

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