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Journal d'un nomade

Journal d'un nomade

Restless, shifting, fugacious as time itself is a certain vast bulk of the population of the red brick district of the lower West Side. Homeless, they have a hundred homes. They flit from furnished room to furnished room, transients forever - transients in abode, transients in heart and mind. They sing "Home, Sweet Home" in ragtime; they carry their lares et penates in a bandbox; their vine is entwined about a picture hat; a rubber plant is their fig tree. (O. Henry)

Une ville facilement oubliable

Dubaï, la ville-mirage

En février 2014, par un coup de tête, j'ai acheté un billet aller-retour Tunis-Dubaï, valable un mois. Je n'y suis resté finalement que dix jours. Ce paradis artificiel ne m'a pas impressionné. Maintenant, je comprends les mots de mon ami Moncef, qui a visité Dubaï avant moi : «c'est une ville sans âme». Au centre-ville, un ami m'a montré la tour la plus haute au monde. Pour quoi faire ? Peut-être pour impressionner les touristes impressionnables. Il y a aussi un jet d'eau censé être sensationnel, accompagné d'une chanson à la gloire de l'émir de Dubaï. Mais attention ! Pas de politique à Dubaï. Un seul slogan politique y est toléré : Enrichissez-vous... La couche de modernité de Dubaï cache un monde de misère humaine que peu de touristes voient. C'est le monde des travailleurs asiatiques et des baby-sitters et des femmes de ménage philippines, éthiopiennes, soudanaises etc. Une résidente de Dubaï m'a parlé d'un phénomène qui n'émeut aucun Dubaïote, celui du suicide des aides ménagères. C'est normal : elles sont les premières à se lever et les dernières à se coucher, et ce 7 jours sur 7.

Pourtant, Dubaï a été bâtie à 100% par une main-d'œuvre corvéable à merci, essentiellement asiatique. Si tous les étrangers décident un jour de quitter Dubaï, ce château de cartes s'effondrerait en un clin d'œil. Dubaï n'importe pas seulement les enseignants, les médecins, les ingénieurs, les pilotes, les architectes etc. mais aussi les juges et les officiers de police !

Il y aussi des choses marrantes à Dubaï. Par exemple, le "permis d'alcool". En effet, pour pouvoir acheter des boissons alcooliques dans les "liquor stores" (débits d'alcool), on a besoin "permis de consommation d'alcool", délivré seulement aux personnes qui se déclarent non-musulmanes. J'ai deux bons souvenirs de cette "ville sans âme". Une soirée bien arrosée, passée dans un pub irlandais (on n'a pas besoin de permis pour boire dans les pubs et les restos) et une baignade dans les eaux du Golfe arabo-persique. Cette baignade est inoubliable. Car c'était un vendredi et les hauts parleurs d'une mosquée proche de la plage, où le bikini est monnaie courante, diffusait la prêche du vendredi. L'imam vociférait contre ceux qui osent montrer leur "awra" (partie du corps que l’être humain doit cacher par pudeur). Cet imam prêchait dans le désert...

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